Comment le voyage a changé notre vie…

Voici deux mois et demi que nous sommes rentrés de notre périple nordique.

J’avoue ne pas avoir été très prolixe depuis… Le blog n’est plus ce qu’il était ! C’est vrai. Nous avons été rattrapés par notre retour, happés par la réalité, par l’envie et le besoin de revoir nos familles et amis et surtout, ne pas laisser le temps à la déprime post-voyage. Car elle existe belle et bien cette déprime et le retour d’un tel périple s’anticipe.

Il ne s’agit pas de se dire « on verra bien, on a le temps ». Du temps, on en a, c’est vrai. Mais justement, ce peut être un ami dangereux. Le temps laisse la possibilité à l’Homme de penser, de réfléchir aux choses auxquelles il n’accorde jamais d’importance.

Et c’est ce que nous avons cherché en partant pendant un an. Du temps. Nous avons eu le temps de tout remettre en question et nous l’avons fait. Lorsque l’on part ainsi, loin de ses proches, loin de tout repère culturel, linguistique, paysager voire même météorologique (le froid permettrait-il de se remettre en cause plus rapidement…?!), il est bon de prendre son temps car c’est ainsi que vient le lâcher prise. Personne pour nous juger, pas d’administratif, presqu’aucune contrainte. Le temps du voyage, vous entrez dans un monde parallèle. Le monde des voyageurs. Chaque jour, des personnes comme vous croisent votre chemin et en empruntent un autre le lendemain pour laisser place au suivant. C’est dans ces moments là que l’on réalise ô combien notre planète est grande et compte parmi ses habitants tant d’individus voyageurs qui, comme nous, ont fait le choix de faire un break pour vivre « autre chose ». Certains vivent ainsi des années. Nous en avons rencontrés plusieurs. Il arrive même parfois qu’ils ne puissent plus s’arrêter de voyager, travaillant comme saisonnier quelques mois, vadrouillant le reste de l’année, toujours dans des lieux différents. Ce sont souvent des solitaires qui lient des amitiés parfois fortes mais qui ont le cœur profondément nomade et ne résistent pas à la quête de l’infinie nouveauté. Le monde est pour eux ce que le voisinage est pour nous. Qu’importe de traverser les continents pour retrouver un ami avec qui ils ont tant partagé ! Mais il faut un sacré courage pour vivre ainsi. Et une adaptabilité à toute épreuve. Sans parler de l’impossibilité de fonder une famille dans un monde ultra civilisé, où la sédentarisation vous rappelera à l’ordre, tôt ou tard.

Ce n’est pas un choix de vie que Simon et moi aurions pu faire. Et puis vous nous avez sacrément manqué ! L’attachement à sa famille, à ses amis, à la terre, à ses origines est difficilement contrôlable et fini toujours par vous rattraper. Seulement, revenir à la réalité est tout sauf aisé. Et si vous vous laissez le temps de voir comme on dit, vous prenez le risque de tomber lourdement de votre petit nuage de voyageur, d’être incompris et d’avoir très vite l’envie de repartir, mais plutôt pour fuir que pour voyager encore. La société est ainsi faite qu’il vous faut à un moment ou à un autre un toit sous lequel vivre (et celui des parents n’est pas nécessairement une option durable…), nécessitant, de fait, un revenu et donc un emploi. Dès lors que vous avez de nouveau une adresse, vous acceptez de signer de nouveaux contrats d’assurance, responsabilité civile, téléphonie et Internet, eau, gaz, électricité, bien souvent les papiers et formalités relatives à une voiture car il faut pouvoir se déplacer rapidement. La notion de temps commence déjà à vous échapper. Votre entourage, lui, a vu sa vie évoluer pendant votre absence. Des parents désormais à la retraite, qui ont le temps d’être avec vous à bricoler ou discuter un mardi après-midi. Mais aussi votre génération qui achète des maisons, s’installe en couple, fait des bébés, signe une promotion. Elle vit sa vie et n’a que peu de temps à vous consacrer. Ce qui est parfaitement normal. Un samedi soir, un dimanche après-midi, deux jours exceptionnellement, car on ne s’est pas vus depuis longtemps. Vous avez du temps mais les autres n’en ont que très peu et ils doivent composer avec tout ce qui les entoure. Ainsi va la vie et ainsi arrive la déprime post-voyage dont nous parlons.

Nous avions bien conscience de cela avant notre retour et ne voulions pas prendre le risque de nous retrouver dans cette position « hors champ », ni voyageur, ni vraiment intégré à la société dans laquelle nous avons décidé de revenir. Rien n’aurait été pire que de revenir sans projet, sans but, sans après.

Puisque nous avons eu le temps de réfléchir à notre futur pendant le voyage, Simon et moi avons commencé par éliminer ce dont nous ne voulions plus. Au bout de six mois, perdus dans la steppe tourbeuse irlandaise et écossaise, il nous paraissait déjà impossible de revenir habiter en ville. Une première décision, pas neutre, moi qui ne jurait que par Nantes à notre retour en France. Le besoin d’espace et de nature s’est profondément immiscé en nous jusqu’à devenir vital. Bon. Ensuite ?

Ensuite, nous avons travaillé trois semaines durant pour une start-up à Édimbourg. Tandis que Simon s’attelait à de la recherche iconographique et du classement d’articles universitaires, je faisais du conseil en marketing, donnant mon avis, suggérant des idées… Il y a pire comme job me direz-vous. 5h par jour, là où nous en faisions 8 parfois 10 lorsque nous étions sur Paris. Seulement voilà. Pendant ces 5h quotidiennes, nous n’aspirions qu’à une chose : sortir prendre l’air ! Nous ne supportions plus d’être enfermés. Je vous laisse imaginer le choc lorsque vous en prenez conscience et que vous commencer à songer à l’après voyage…

6 ans d’études, un master 2, La Sorbonne, Assas, la Cité des sciences, le Centre Pompidou, l’Imprimerie du Marais puis une agence renommée, un poste à fortes responsabilités. Pour quoi ? Pour pouvoir aisément prétendre au poste de responsable communication dans une entreprise en région lorsque j’aurai dépassé la trentaine. Telle était construite ma feuille de route de carrière. Seulement voilà. À peine 6 mois partie et la simple pensée de me retrouver de nouveau dans un bureau 40h par semaine me donne la chair de poule. Aïe. On fait quoi maintenant ? Et toi Simon ? Le constat est éloquent, ni l’un ni l’autre ne souhaite revenir à un tel schéma. Vient alors le doute, l’angoisse de n’être capable de rien d’autre que ce que nous faisions auparavant.

Et puis, naturellement, le voyage se poursuit et nous donne l’occasion de nouvelles expériences. Jusqu’à réaliser que l’un comme l’autre, nous prenons un plaisir immense à travailler en accueil et en hébergement touristique. Et aussi à travailler ensemble. Qui l’eût cru ! Certainement pas moi il y a de ça un an à peine encore ! Et pourtant. Nous souhaitons travailler ensemble. Et mettre à profit nos compétences et nos différences pour notre compte. Et pas celui de quelqu’un d’autre.

L’idée est ainsi née en mars dernier : nous souhaitons créer notre propre structure d’hébergement touristique en France. Nous avons dû nous décarcasser pour trouver la niche qui nous permettrait d’en vivre tous les deux, et à termes de faire vivre notre foyer. Car ouvrir une simple chambre d’hôte ou un gite de voyageurs n’a jamais permis à quiconque d’alimenter sa famille. Ou peut être il y a longtemps. Mais pas en 2018. Pour des raisons de confidentialité et parce que cet article est libre d’accès sur le web, je me contenterai de vous dire que nous envisageons aujourd’hui de créer des hébergements insolites haut de gamme en Vallée de la Loire. Ceux d’entre vous qui souhaitent en savoir plus devront nous inviter chez eux ou venir nous rendre visite 😊

Voilà donc près de 9 mois que nous activons nos neurones à une reconversion professionnelle qui nous permettrait de travailler ensemble et de mettre à profit nos compétences commerciales et communicationnelles. Avec toutes les contraintes qu’une telle activité sous-entend : gestion d’entreprise (en couple qui plus est !), saisonnalité, travail le week-end, routine ménage et entretien, insatisfaction client (la plus rare possible svp !)… On a bien pesé le pour et le contre, nous continuons de le faire, vous êtes autorisés à nous challenger si bon vous semble !

Voilà donc la raison du pourquoi de notre silence depuis notre retour. À vrai dire, nous n’avons même pas pris le temps de nous poser ne serait-ce qu’une semaine. Nous continuons de barouder avec notre sac à dos comme si nous étions encore en voyage ! Rencontres de professionnels, enquêtes de terrains, formations, recherches de sites… Nous venons de terminer une tournée intense de deux mois et nous autorisons aujourd’hui quelques jours de break en cette fin d’année 2017. Simon arpente actuellement les côtes finistériennes avec mon père et le sien tandis que je vous écris depuis le TGV qui me déposera ce soir dans les bras de ma chère Clémentine à Marseille.

Je finirai cet article en vous invitant à nous rendre visite à Saumur où nous nous installons dès début janvier 2018. Pour ceux qui ne savent pas où c’est, regardez sur Google, vous aurez encore plus envie de venir nous voir ensuite ! La douceur angevine, les Châteaux, les troglos, la Loire à vélo, les vins, les caves, les vins, les caves et les vins ! Une ville que nous avons choisie pour poursuivre nos recherches de site et nous donner toutes les chances de mener à bien ce nouveau projet de vie.

Une nouvelle fois pardon d’avoir laissé le blog de côté. Vous l’aurez compris, nous étions bien occupés. Et cela m’a doucement permis de déconnecter d’avec le voyage. Plus qu’une volonté, j’en avais besoin.

A bientôt, avec de fraîches nouvelles nous l’espérons 😊

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