Un été en Laponie #1

Bonjour à tous. Beaucoup d'entre vous doivent actuellement déguster leurs vacances tant attendues, les doigts de pied en éventail, un verre de rosé frais à la main. Les vacances d'été comme on les aime ! Peut-être aurez vous quelques minutes disponibles pour lire ces quelques lignes écrites depuis notre Laponie norvégienne.

Excusez-nous de ne pas publier plus ces derniers temps mais le rythme est plutôt soutenu et comme partout, la routine s'installe un peu et nous avons un peu moins de choses à vous raconter.
Cela dit, nous vous concoctons un petit film bien sympathique pour la fin du mois 🙂

Un été en Laponie. Nous aurons passé un été entier en Laponie. L'écrire me fait réaliser la chose et à quel point cette expérience est unique. Il est drôle de constater comment les événements et les rencontres peuvent paraitre naturels lorsque nous les vivons alors qu'il s'agit de moments de vie tout à fait exceptionnels.

Qui aurait cru que nous, ex-parisiens, nous aurions accepté une mission de deux mois et demi dans la toundra norvégienne ? Personne, pas même nous. Et pourtant nous sommes ici et chaque jour qui passe transforme un peu plus les urbains que nous étions. Kirkenes, la ville la plus proche est à une heure de route de BIRK. La route est si mauvaise et la ville en elle-même si peu séduisante que nous n'y allons que si cela nous est demandé (pour faire des courses ou récupérer des gens à l'aéroport). Pour une petite course de dépannage, il y a Svanvik, un bled situé à 15kms d'ici comprenant un mini-shop, un café et le visitor center du Parc National de Pasvik (la vallée dans laquelle nous vivons). Nous y passons à vélo de temps à autre mais évitons d'acheter des produits au shop (n'est-ce pas Simon ? On se souviendra longtemps de la salade à 6€ ! Ahahah).

Il faut donc se contenter de la nature qui nous environne. Je ne dis pas qu'un bon resto, une pièce de théâtre ou un ciné ne me manque pas de temps en temps. Mais cela n'est plus aussi "vital" que dans nos vies d'avant. Nous avons réalisé à quel point le rythme citadin, parisien qui plus est, nous entrainait dans une spirale de consommation infernale. Mon unique envie après une journée de boulot à l'agence était de filer rejoindre mes amis dans un bar, aller manger un morceau dans les anciennes rues pavées de la Capitale, aller voir un concert ou un spectacle ou tout simplement me défouler en nageant ou tenter de me déstresser avec un cours d'apnée. Une multitude de possibilités m'étaient offertes pour tenter d'oublier la pression de mon job dont le salaire me permettait par ailleurs de financer ces activités. Ironie du sort.

Une partie de moi a toujours envie d'avoir un agenda bien rempli et de consommer la ville comme par le passé. Mais cette partie qui constituait la majorité de ma personne il y a encore un an est devenue si petite que j'ai parfois du mal à me reconnaître.

Pour preuve, lorsque nous avons un peu de temps libre ici avec Simon, nous mettons tout en oeuvre pour partir un ou deux jours dans une cabine au fond des bois, sans eau et électricité, où nous passerons notre temps à bouquiner, pêcher, randonner ou faire du canoë sur la myriade de lacs déchiquetés qui nous entoure. Notre façon aussi de sortir de BIRK, de prendre l'air et de profiter de ce silence unique. Je me surprends parfois à revenir d'un tel séjour et ne pas penser à recharger mon iPhone avant le lendemain. J'ai décroché. Sans y penser. Je me rappelle me forcer de ne pas prendre mon téléphone pendant certaines vacances d'été avec Simon ces dernières années. J'en avais besoin mais surtout je le faisais pour me prouver que je pouvais m'en passer avant de replonger aussitôt revenue à Paris. Aujourd'hui, mon iPhone n'est plus greffé à ma main et je suis contente de l'utiliser avec parcimonie, pour prendre de belles photos (il faut avouer que la qualité offerte par ces petits bijoux technologiques est particulièrement impressionnante !) ou écrire un article sur le blog comme maintenant. Je ne suis plus accroc et j'en suis vraiment fière.

Bref, tout ça pour dire que mes racines d'enfant né sur la côte bretonne et qui a grandi dans un corps de ferme puis dans un cadre naturel privilégié m'ont rattrapées. J'aspire désormais au calme et aux grands espaces. Je prends le temps de regarder ce qui m'entoure, de m'intéresser à la faune et à la flore. J'apprends à bricoler et réparer par moi-même, à me soigner et relativiser les petits bobos aussi, plutôt que de chercher un spécialiste sur Google qui pourra m'aider quasi immédiatement pour 80€ la consultation. Je sais que je prendrais plaisir à retourner me balader en ville dans le futur mais serai aussi ravie d'en partir pour retrouver plus de quiétude et de nature.

Bref, ce n'est pas tant la Laponie que l'ensemble de ce voyage qui nous aura permis de revoir nos habitudes et nos envies. Bien sûr, cette dernière expérience au milieu d'une communauté saame et d'une cinquantaine de chiens de traineau y aura grandement participé.

Je m'arrête là pour aujourd'hui mais écrirai de nouveau dans les prochains jours pour poursuivre cette série d'un été en Laponie et des secrets qu'il recèle.

N'oubliez pas de profiter du bon vin, du fromage, du pain frais, des fruits d'été et de tout ce que nos contrées offrent de succulent. On a tendance à oublier à quel point nous sommes chanceux de posséder une telle gastronomie avant de devoir acheter une salade emballée dans du plastique et vendue 6€ au Nord de la Norvège (ok, dernière blague à ce sujet après j'arrête !).

Bon week-end et à très vite ☀️

5 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. simbouttier dit :

    Cette article est très intéressant, mais on ne sais pas si la salade était bonne ???
    Et bien je vous le confirme ma salade à 6 euros étais très bonne.

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  2. YVES dit :

    merci ,Manue ,avec ta belle plume , de nous faire partager tes états d’âme .Ce qui est courageux c’est d’être partis de Paris et de vous être jetés dans l’inconnu ;quel grand écart !! vous avez maîtrisé tout ça à deux en unissant vos compétences bravo ! Ce qui est important c’est de regarder en arrière et de savoir en tirer le meilleur ce qui est formidable c’est de faire le chemin à deux je suis très contente de votre attachement à la nature à la simplicité qu’elle peut apporter ,moi qui n’aime rien tant que d’avoir les pieds les mains dans la terre que d’apprécier le silence que d’admirer les couchers de soleil !vous ,vous avez choisi une nature exceptionnelle pour cette transition chapeau ! bon courage pour le reste de la mission à bientôt bizzzzzzzzzzzzzzzzz cri cri

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  3. YVES dit :

    petite question sur cette jolie photo est ce simon qui pêche ?! un esturgeon peut-être ??

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    1. efloch dit :

      Oui c’est Simon qui pêche. Et il a pêché… une canne à pêche ! Ahahah ca ne s’invente pas !

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  4. Tellement….
    Mais tellement d’accord avec vous!!!

    Je mets à ce poste une note de 15/10!!

    Gros gros bisous les chéris!! Vous me manquez!

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