Retour sur Basse-Terre

Nous voilà de retour en Angleterre, chez notre amie Natasha avec qui nous allons passer une semaine. Un bon froid d’hiver et la nuit à 16h30 nous incite à rester au chaud, ce qui me permet de vous conter nos aventures sur Basse-Terre en Guadeloupe. Nous y avons passé 4jours avant de revenir sur le continent européen. Et nous n’avons pas chômé ! 

Jour 1 : plantation de bananiers et rhumerie Longueteau

En route pour visiter la Plantation Grand Café qui, contrairement à son nom, est un domaine de 30ha où l’on cultive la banane ! La dame au téléphone nous a demandé de venir pour 10h mais en arrivant on apprend que la visite démarre à plus ou moins (plutôt plus que moins d’ailleurs) 11h. Pa ni pwoblem, on nous offre un jus de banane, une banane et un café en attendant ! Direction la petite boutique.



La visite démarre vers 11h15. Notre guide nous reçoit dans la salle de tri, lavage et traitement des bananes. 

Quelques infos. La banane est le fruit le plus consommé au monde avec une production annuelle de 130 millions de tonnes environ. Il existe deux grandes familles de bananes : les bananes à cuire dont le mode de consommation s’apparente à celui d’un légume, et les bananes dessert généralement consommées crues (bananes sucrées). La variété la plus connue de banane à cuire est sans conteste la banane plantain, la variété Cavendish étant de très loin la plus commercialisée des bananes dessert. La variété Cavendish représente près de 50 % de la production mondiale, toutes bananes confondues. C’est celle-ci que produit la Plantation Grand Café.



La société emploie 14 personnes qui travaillent essentiellement le matin pour éviter la chaleur. Le guide, lui même employé, nous explique qu’ils sont heureux de travailler dans une société de culture raisonnée mais que les conditions ne sont pas des plus faciles. Parmi de nombreux points évoqués, on retiendra le cour de la banane déterminé par Bruxelles et fixant le prix d’achat à 0,25€ le kilo en hiver et 0,60€ le kilo en été (pour ne pas faire de concurrence aux fruits de saison provenant d’Europe). Sauf qu’un kilo de banane produit ici coûte en moyenne 0,50€ le kilo toute l’année. La société tente donc de garder sa trésorerie d’été pour être capable de payer ses salariés l’hiver… dur dur. Par ailleurs, les bananes doivent respecter un nombre de normes incalculables pour être acceptées à la livraison : taille, couleur, maturité… tout est bon pour refuser les palettes et ne pas les payer. La société guadeloupéenne essaie de ruser, tente chaque année de trouver des solutions alternatives mais reste soumise aux lois européennes et à l’exigence des consommateurs qui n’aime toujours pas les fruits moches… 


Les ouvriers diversifient leurs terres et cultivent aussi de la vanille et du café comme ci-dessus. Un petit pécule en plus pour de la vente locale essentiellement. 

Parmi la diversification des activités, on trouve aussi les tracteurs aménagés en char à touristes ! Et il faut dire que c’est plutôt sympa de déambuler avec à travers les plantations 🙂 une vidéo avec Simon ici

Les rangs de bananiers de la plantation ont récemment été revus pour faire face au vieillissement et à la fatigue des ouvriers qui doivent marcher, régime de bananes de 50kgs sur le dos, jusqu’au camion qui les transportera à l’usine de traitement. Ainsi, les camions peuvent aujourd’hui passer entre les rangs et stationner à côté des ouvriers, leur évitant plusieurs dizaines de mètres de parcours à chaque aller/retour. 


Les régimes de bananes sont protégés dans des sacs plastiques bleus qui éloignent les insectes, oiseaux, rongeurs et rayons du soleil. Ce n’est pas très beau mais c’est plutôt efficace. Les pesticides s’occupent du reste… 

Le sol est malheureusement pollué par le chlordécone épandu pour lutter contre un charançon amateur de bananes, de 1972 à 1993 et déclaré cancérogène possible dès la fin des années 70. On considère qu’il faudra une cinquantaine d’années pour retrouver un sol en bonne santé et donc prêtendre à une agriculture biologique en Guadeloupe. D’ici là, les labos se frottent les mains et vendent leurs produits pour « protéger » les bananes qui sont ensuite commercialisées dans nos supermarchés… ça fait réfléchir. Un article du Monde intéressant sur le chlordéone ici


Saviez-vous que le bananier n’est pas un arbre mais une plante avec un pseudo tronc qui peut grimper jusqu’à 15m ! Un pseudo tronc portera un seul régime de banane dans sa vie et sera coupé une fois celui ci récolté. Le rejet présent sur la plante prendra le relai en devenant lui même un pseudo tronc, etc…

Je vous invite à regarder ce documentaire vidéo de 3mn pour comprendre le processus global de production de la banane. 


Ce que vous voyez à gauche ci-dessus est une piste d’atterrissage d’urgence pour les avions allant jusqu’au Boeing 777…! Les ouvriers croisent les doigts pour que ça n’arrive jamais car leur plantation serait littéralement détruite. Cette piste servait aussi aux avions d’épandage qui traitaient les bananiers en cas de contamination par les champignons il y a quelques années. Cette méthode a été interdite depuis au profit d’insecticides beaucoup plus puissants, épandus toute l’année et sans doute beaucoup plus rentables pour les labos qui les produisent. 

En résumé, une visite très intéressante que nous vous recommandons vivement si vous passez sur Basse-Terre ! Toutes les infos sont sur le site web de la plantation ici. 

Dej rapide avant de visiter la distillerie / rhumerie Longueteau, plus vieille distillerie de l’île, inaugurée en 1895. 


Rapide tour du domaine. Voici l’entrée de l’usine. 


La demeure du Maître, Henri Longueteau, fondateur de la distillerie. 


Les champs de sucre de canne.


L’arrière de l’usine. 


Et c’est parti pour une visite guidée improvisée ! Cet employé etait en congé depuis le 23 décembre et jusqu’au 16 janvier (fermeture annuelle), date de notre visite. Il est venu travailler mais n’a rien trouvé à faire sur place ni personne pour lui donner des infos. Il nous a donc offert un peu de son temps pour nous expliquer son travail avant de retourner tranquillement chez lui… 


Voici un schéma explicatif qui vous permettra de comprendre la fabrication du rhum. Plus rapide que le whisky n’est ce pas ? La fermentation ne dure que 48h (72h lorsque la canne est humide), il n’y a qu’une seule distillation et le rhum pur est simplement mélangé à de l’eau pour faire baisser le degré d’alcool (il sort à 80 degrés et est commercialisé dès 62 degrés… faut s’accrocher pour le boire !!). Pour un rhum blanc plus doux, on ajoute de l’eau. Tout simplement. Pour un rhum ambré, on ajoute des épices. Et pour un rhum vieux, on laisse vieillir en fût minimum 3 ans, comme le whisky. Et le tour est joué ! 


Notre guide nous accompagne jusqu’à la boutique où une dégustation illimitée est disponible quelque soit l’heure de la journée… c’est ça la Guadeloupe ! 


Il est temps d’aller nous reposer dans notre bungalow créole ! 


Petite terrasse, cuisine extérieure, chambre avec toit panoramique et douche (dans laquelle se cache de belles grosses araignées… c’est le prix à payer pour être en pleine nature !). Le tout dans un jardin tropical où grenouilles et oiseaux animent nos jours et nos nuits. Une expérience ! 

Jour 2 : rando et playa 

Après une matinée farniente au bungalow, nous décidons d’aller faire une rando dans le Parc National de la Guadeloupe. Sauf que la météo à l’intérieur du parc n’a rien à voir avec le soleil qui inonde la côte ! Brouillard et pluie diluvienne nous font vite faire demi-tour. On choisit une autre randonnée, le tracé du Petit Malendure, 2h de marche en forêt le long de la baie de Malendure. 


La rando démarre à Mahaut et se termine à la plage.



Très chouette, à l’ombre mais avec de la pierre volcanique humide, donc glissante, alors attention aux chutes ! 


Rien de tel qu’un bon bain à 27 degrés pour se rafraîchir après ça ! 

Et ce soir, direction Deshaies pour un dîner en bord de mer ! 



Apéro devant le port au coucher du soleil… où nous avons vu le rayon vert !! Phénomène rare, il est plus facile de l’observer aux Antilles et particulièrement à Deshaies. Banco ! Impressionnant tout de même. Ici la page Wikipédia pour ceux qui voudraient des détails concernant ce phénomène.


Image Wikipedia se rapprochant de ce que nous avons observé. Étonnant non ? Il faut rester bien concentrés car ça ne dure qu’une seconde ! 

Jour 3 : observation des cachalots, sorbet coco et plongée de nuit

Levés à 6h ce matin pour une matinée bateau au départ de Deshaies. Objectif : observer les cétacés de Guadeloupe ! 



5h30 de bateau le long de la Côte sous le Vent durant lesquelles nous apprendrons à écouter les sons émis par les mammifères, les reconnaître, s’en approcher et les observer. Au programme aujourd’hui, deux femelles cachalots et un bébé ! 

Le cachalot est le plus grand mammifère marin du monde. En moyenne, une femelle mesure 11m et pèse 14t tandis qu’un mâle peut mesurer jusqu’à 20m et peser 54t ! Il est connu pour ses records de plongée en apnée (jusqu’à 90mn ! Et ils respirent en moyenne 8mn en surface entre deux plongées), atteignant les trois mille mètres de profondeur, performance inégalée chez les mammifères. Ses vocalisations en cliquetis sont le son le plus fort produit par un animal, ils sont utilisées dans le but de communiquer, de s’identifier et de se localiser entre eux. La tête du cachalot représente environ un tiers de son poids. Elle est énorme ! Et sa queue peut mesurer jusqu’à 4m de large, de quoi renverser un bateau qui s’approcherait d’un peu trop près ! 

Les cachalots femelles vivent entre elles avec leurs petits et les mâles forment des groupes à part. Certains vieux mâles mènent une vie solitaire. Leur espérance de vie moyenne est de 70 ans. 

La période de gestation est de 14 à 16 mois et les femelles allaitent leurs petits durant 19 à 42 mois. L’allaitement se fait en surface. La mère se stabilise et le petit aspire le lait projeté par sa mère dans l’eau. Cas rare, une femelle ayant des jumeaux doit choisir entre ses deux bébés pour n’en garder qu’un seul car elle ne peut en allaiter et n’en éduquer qu’un à la fois.

Le cachalot utilise l’écholocation pour chasser (émission d’un son qui atteint la proie, rebondit jusqu’au cachalot et lui délivre une image mentale afin de savoir quelle est cette proie, à quelle distance…). Il est au sommet de la chaîne alimentaire et mange essentiellement des calmars géants, pieuvres, phoques, thons, barracudas et certains requins. 

Les cachalots suivent un calendrier de migration : les mâles se rapprochent chaque hiver de l’équateur afin de rejoindre les groupes de femelles qui vivent en eaux chaudes. Une fois la reproduction achevée, ils repartent vers les pôles où la nourriture se fait plus abondante. Lors de la migration, un cachalot peut perdre jusqu’à 10t ! Il a intérêt à être rassasié avant de partir !


Difficiles de prendre de bonnes photos, je vous propose donc de regarder les quelques vidéos suivantes (attention au mal de mer) : video 1, video 2 et video 3. Et de très belles images trouvées sur YouTube ici


Une image Google pour voir ce qui se cache derrière ce dos et cette queue.


Les Saintes, au loin. 

Basse-Terre sous la brume matinale.

Ambiance sur le bateau, Simon exhibe ses nouvelles jumelles ! 

Planteur sur le bateau avant de terminer la balade… normal ! 

Nous retiendrons aussi que la plupart des Guadeloupéens n’ont pas connaissance de la présence de ces espèces tout autour d’eux. Notre guide nous a expliqué que la population reste encore très marquée par l’esclavage qu’elle a subi entre le 17e et le 19e siècle. Un esclave qui ne se comportait pas correctement était jeté à la mer. Ainsi, de nombreux Guadeloupéens, descendants des esclaves de l’île pour la plupart, ont une trouille bleue de l’eau et continuent de construire leurs maisons tournées vers les terres, jamais vers la mer. Beaucoup ne savent pas nager et ne connaissent pas la richesse du monde marin dont ils bénéficient ici. Les jeunes générations réapprennent à aimer la mer mais on sent que les esprits sont encore très marqués par la triste histoire de la traite négrière. On peut comprendre pourquoi… toutes les infos sur l’Histoire de la Guadeloupe ici.

Après cette matinée très enrichissante, nous décidons d’aller déjeuner sur la plage de Grande Anse. Nous y trouvons un restaurant charmant, à deux pas de l’eau, pas cher « Arc en Ciel ». Petite anecdote au passage : lorsque nous sommes arrivés près du resto, nous avons assisté à la chute d’un homme très très gros depuis sa chaise en plastique (il mangeait au resto lui aussi). Un chat qui marchait à côté de nous a eu tellement peur qu’il s’est agrippé à ma jambe… avec ses griffes comme vous pouvez l’imaginer ! Ma cuisse et mon genou ont dont été désinfectés avec la méthode locale : du rhum pur ! Très efficace 😮


Un bon repas nous invite ensuite à faire la sieste sous les palmiers…


De retour vers notre bungalow, nous prenons en stop un jeune couple vivant en Savoie : Clémentine et Thibault. Nous partageons nos aventures et ils nous offrent un sorbet coco pour nous remercier de les avoir ramenés chez eux. Yummy !! 


Au programme ce soir, plongée de nuit avec Les Heures Saines (super club où nous reviendrons sans aucun doute pour plonger dans la réserve Cousteau lors d’un prochain voyage). Pas de photo à vous montrer mise à part celle ci-dessous prise sur Google pour vous faire partager le moment fort de la plongée : un requin dormeur ! 


Encore un planteur au retour de la plongée et retour maison ! 

Jour 4 : rando, marina de Pointe-à-Pitre et avion retour pour le grand froid ❄️

Ca y est c’est la fin des aventures au soleil ! Nos valises sont prêtes, il fait un temps magnifique. Nous allons donc profiter des quelques heures qu’il nous reste pour faire une balade dans le Parc National de la Guadeloupe. 


De nombreuses randonnées sont accessibles au départ de la maison de la forêt. Nous optons pour le sentier découverte d’1h, à l’ombre ! Vous voulez du vert ? En voici en voilà ! 


Notez que ce parc a été inauguré en 1989 et que sa superficie totale est de 940 km2 ! 272 000 personnes vivent dans son périmètre. Le coeur du parc, où les touristes viennent essentiellement, recouvre 380 km2. Bref, c’est très très grand ! 


Dernière étape avant de prendre l’avion : pause dej à la marina de Pointe-à-Pitre. Rien d’extraordinaire, mise à part qu’elle accueille l’arrivée de La Route du Rhum, course transatlantique en solitaire reliant Saint-Malo à Pointe-à-Pitre tous les 4 ans. Prochaine édition en octobre 2018 ! 


Nous vous donnons rendez-vous dans quelques jours pour le récit de nos aventures anglaises 🇬🇧


See you very soon!

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