D’Ouest en Est, jusqu’à Dublin !

Et voilà, notre périple irlandais s’arrête ici. 2 mois d’aventures, de paysages et de rencontres magnifiques ! Mais avant d’aller voir ailleurs, laissez nous vous conter nos quatre derniers jours de voyage sur l’île d’Emeraude que nous avons parcouru d’Ouest en Est, jusqu’à Dublin. 


Départ de Tralee le vendredi 16 décembre. Petit pincement au cœur lorsque le camion de Ryan s’éloigne après nous avoir déposés… Heureusement un beau programme nous attend ! 

Jour 1 : Castles Day! En route pour visiter Cahir et Cashel dans le centre du pays. 


Le Père Noël est au rendez-vous du marché hebdomadaire de Cahir ce matin. Bernard nous supplie de prendre des photos alors, voilà ! 



Le château de Cahir fait partie de ces beaux châteaux bien préservés, bien restaurés, qu’on a envie de sublimer par l’image. De nombreux réalisateurs de cinéma ont donc déjà choisi ce fort comme lieu de tournage. Barry Lindon et Excalibur ne sont que deux exemples de nombreux longs-métrages mettant en scène le château depuis des décennies. 


Il s’agit d’une construction normande des XIIIe et XVe siècle. Il a fière allure avec ses huit tours, rondes et carrées, ses longs remparts défendus par une barbacane et son imposant donjon normand flanqué d’une souricière protégée par une herse. Le tout bâti sur un îlot rocheux. Il est resté la propriété de la famille Butler de 1375 à 1961 ! Petites salles et escaliers biscornus nous invitent à le parcourir de long en large et à en découvrir quelques pépites dont les énormes bois d’un Megaceros giganteus (élan géant d’Irlande) mesurant 1,83m d’envergure… et retrouvés dans une tourbière qui les aurait conservés durant 10 500 ans ! (Dixit Le Routard

 



Superbement restaurés, les intérieurs inviteraient presque à venir y vivre quelques temps (autour d’un bon feu de cheminée tout de même !). On a aussi beaucoup aimé la grande maquette décrivant le siège de 1599 ayant duré trois jours au termes duquel le château fut capturé par l’armée de Robert Devereux, 2e comte d’Essex. Remarquez le boulet de canon qui est resté planté dans la façade ! 


Fin de la balade par la visite des extérieurs, à la fraîche, toujours avec notre ami Bernard ! 

Un château, c’est bien. Deux châteaux, c’est mieux ! En route pour The Rock of Cashel à 15 km de là ! 


J’ai choisi une belle image sur Google pour vous montrer à quoi ressemble le château de la route lorsque vous l’approchez en saison touristique. Pas mal non ?! Bon nous, on visite quand y’a personne mais du coup il y a un énorme échafaudage. Pas grave, au moins on est peinards ! 



Jadis fief des grands rois de la région du Munster, la Roche de Cashel fut cédée à l’Eglise en l’an 1101. La superbe chapelle de Cormac, aujourd’hui en cours de restauration (lourde !), fut érigée en 1134 et est probablement la chapelle romane la plus ancienne d’Irlande. En revanche, il ne reste aucune trace documentaire de la construction de la cathédrale actuelle au XIIIe siècle. Sa datation est basée uniquement sur des détails architecturaux. Elle n’a cessé d’être modifiée jusqu’au XVe siècle. En 1749, le site perdit son statut de cathédrale (l’Eglise a tout simplement décidé de déménager !) et fut abandonné. Un siècle plus tard, l’édifice souffrait déjà d’une grande décrépitude. Sa restauration commença en 1875, suite à la séparation de l’Eglise et de l’Etat, ce dernier l’ayant acquise et décrété Monument National. 



Ci-dessus la grande salle de la chorale des vicaires ainsi que leur dortoir (transformé en salle audiovisuelle !).


La Croix de Saint Patrick, la vraie ! Elle date du XIIe siècle. 



La tour ronde est le plus ancien édifice encore debout et aurait été construite vers 1101 comme campanile. Sa forme est typique des campaniles d’Irlande. Fait exceptionnel, elle est intacte depuis sa base jusqu’à son toit conique en pierre qui culmine à 28m de haut. 


Même la Reine d’Angleterre et le Duc d’Ecosse sont venus admirer les lieux il y a quelques années. Et les Irlandais en sont très fiers ! 


Soirée incroyable avec nos hôtes Airbnb qui nous louent une cabane dans leur jardin entouré d’un sauna et d’une piscine naturelle (j’ai gentillement décliné l’invitation, l’eau étant à 6 degrés…). Mark est Ecosssais, travaille en Suisse et nous a naturellement invité à déguster une fondue suisse avec sa famille. Nous avons causé de politique de 16h à 22h30 ! Et Simon a gagné un massage pour avoir joué aux Lego avec le petit. Un souvenir mémorable, à deux pas de Durrow. 

Jour 2 : Wicklow Mountains National Park / Glendalough


Petite pause à deux pas du Airbnb pour admirer une Sheela Na Gig, sculpture féminine figurative aux multiples significations qu’on trouve sur les églises et les châteaux. On en compte seulement une centaine en Irlande et celle-ci est en parfait état. 


Au même titre que le Killarney National Park (voir notre article à ce sujet ici), les Monts Wicklow jouissent d’une grande réputation en Irlande comme paradis des randonneurs. Nous ne pouvions donc pas en faire abstraction durant notre séjour ! Une dizaine de trails sont proposés aux marcheurs, plus ou moins difficiles. Nous avons décidé de faire le Derrybawn Woodland Trail, 8kms, 160m de dénivelé. 


Superbe concentré d’Irlande, les Monts Wicklow offrent des collines dénudées ou recouvertes de bruyère, des tourbières, des forêts, des lacs, des cascades, des prairies… Bref, on adore ! 


Vue sur l’Upper Lake depuis notre randonnée. 


La brume de fin de journée s’engouffre rapidement dans la vallée, au crépuscule, comme pour inviter les visiteurs à quitter les lieux et à se réfugier au chaud. 



Paysage spectaculaire sur la route du retour, avec vue sur le Luggala Lake. 


Une autre cabane pour la nuit (ici la cuisine où nous avons passé la soirée et pris le petit déjeuner le lendemain).

Jours 3 et 4 : Dublin ! 

Autant dire qu’on n’a pas chômé ! Avec ses 527 000 habitants, Dublin ne ressemble pas du tout au reste de l’Irlande. On se croirait revenu en Angleterre. Il faut dire que la domination britannique a laissé son empreinte et les dublinois se veulent cosmopolites. En route pour deux jours dans la capitale ! 


Après une rapide balade pluvieuse dans le Phœnix Park, nous sommes allés visiter la Guinness Storehouse, bâtiment historique de l’usine Guinness, qui fait partie du complexe industriel de la bière brune mondialement connue… 50 000 hectares en cœur de ville tout de même ! Tellement bluffant qu’on a du mal à en croire nos yeux ! 




L’usine Guinness fait partie du quartier des Liberties au riche passé industriel. Son architecture ne trompe pas ! 

La Guinness Storehouse accueille le visiteur sur 7 étages au cours desquels on découvre les ingrédients de la célèbre bière brune, les machines utilisées il y a encore peu pour la fabriquer, le portrait de l’incroyable Arthus Guinness, la fabrication artisanale des tonneaux en bois, les transports et notamment la ligne de chemin de fer de 13kms de long construite à l’intérieur de l’usine Guinness pour charger directement les tonneaux dans les locomotives (véridique !), le marketing et la pub autour de la marque, une salle d’apprentissage pour apprécier au mieux la dégustation d’une pinte de Guinness, et le clou du spectacle, une pinte de Guinness offerte au bar panoramique tout en haut de l’usine ! Rien que ça ! Quelques infos détaillées si après. 


Entrée dans l’usine… un vrai Disneyland de la bière ! 


Le bail de 9000 ans signé par Arthur Guinness en 1759 pour implanter son usine au bord de la Liffey à Dublin… le mec n’était pas qu’optimiste ! Un vrai visionnaire ! Aujourd’hui, 5 millions de pintes de Guinness sont bues chaque jour dans le monde dont 1 million en Irlande qui, pour mémoire, ne compte que 4,5 millions d’habitants… voilà ! 



La réplique du coffre qui renferme la levure utilisée par Arthur Guinness il y a 260 ans pour la fabrication de son nectar ! Au cas où une attaque ou une contamination détruirait la production en cours. Notez que la levure est une matière vivante qui se cultive en réutilisant le mélange précédent pour créer de la nouvelle matière. Il y a donc un peu de levure d’Arthur dans chaque Guinness que vous dégustez. Instant nostalgie ! 


Arthur Guinness, homme d’affaires révolutionnaire, ayant considérablement améliorer le sort de Dublin grâce à son usine en plein cœur de ville. Il fut le premier à offrir à ses employés un logement, un système de retraite, des soins médicaux gratuits, etc. Entre temps, il a fait 21 enfants à sa femme (oh my God !!!)… seuls 10 sont parvenus à l’âge adulte et ont hérité du business du paternel… Imaginez le nombre de successeurs que cela représente en 2016…!



Les machines et cuves de cuivre qui servaient à la fabrication il y a encore quelques décennies. La Guinness est un stout, un type de bière de fermentation haute. Sa couleur brune presque noire (mais qui est en fait rouge rubis ; à voir à la lumière) provient de l’utilisation pour sa conception de malts hautement torréfiés et de grains d’orges grillés. La couche de mousse couleur crème qui coiffe la bière est le résultat d’un ajout d’azote durant le tirage (service à la pression). Cette dernière caractéristique pose la difficulté d’obtenir une saveur et une texture identique entre les Guinness servies à la pression et celles vendues en bouteilles et canettes (Wikipedia). 


Les nouveaux équipements qu’on peut apercevoir dans la nouvelle usine. 


La fabrication passionnante des tonneaux par les chefs tonneliers. Trois vidéos via ce lien pour en découvrir le process. Ce sont plus de 250 000 tonneaux qui pouvaient être stockés dans la cour du tonnelier, fabriqués par plus de 300 chefs tonneliers et ce pendant plus de 200 ans ! 


Maquettes de bateaux et de locomotives ayant servi au transport de la stout. 


Œuvre d’art sculptée retraçant l’histoire de la Guinness. 


L’étage pub et marketing ayant fortement contribué à faire de la marque celle internationalement connue aujourd’hui. Passionnant. Ici une video de l’huître siffleuse et là une autre du poisson à bicyclette



Dégustation de la Guinness (enfin !!). Superbe visite qui nous aura occupés près de 4h ! On a eu raison de prévoir le temps de déambuler tranquillement, ça en valait vraiment la peine. 



Balade dans le centre ville, shopping et soirée avec notre ami David rencontré au Old Monastery Hostel où nous avons travaillé en octobre (l’article à ce sujet ici !). Découverte de Temple Bar, de son ambiance, de ses pubs et de ses lumières de Noël 🎄 Un peu de musique de rue juste ici. 



Le lendemain, visite géniale de l’atelier de Francis Bacon, déménagé entièrement de Londres et reconstitué à l’identique, trois années durant, par une équipe d’archéologues ! Such a mess! On n’a littéralement jamais vu un bordel pareil. La Tate Modern de Londres doit s’en mordre les doigts car ayant mis trop de temps à répondre au don du successeur de Bacon pour accueillir cette œuvre d’art grandeur nature, il a été décidé de l’offrir à la ville de Dublin où était né le peintre. Et toc dans les dents ! Tout simplement génial. 



Le temps est pluvieux et humide… tout invite à rester confiné dans les musées. Ça tombe bien, ils sont tous gratuits ! En route pour l’extraordinaire Musée d’Histoire Naturelle, véritable cabinet de curiosité constitué par l’explorateur David Livingston au cours du XIXe siècle. Des espèces venues des quatre coins du monde côtoient des espèces endémiques et disparues irlandaises telles que les cerfs et élans géants qui vous accueillent à l’entrée du musée ! 

  
Passage dans St Stephen’s Green, le parc bucolique de la ville. 


Visite de la Chester Beatty Library, absolument géniale !! Simon et moi avons facilement passé deux heures à observer les pièces extraordinaires accumulées dans cette collection ayant appartenue à l’Americain sir Alfred Chester Beatty qui a fait fortune dans les mines d’Afrique. Objets d’art et manuscrits rares, films sur les techniques d’impression et de reliure… autant vous dire que nous étions dans notre élément ! 


Dernière mousse en ville et dîner dans un pub proche de notre chambre et donc de l’aéroport… le temps est venu de dire au revoir au pays des moutons, de la bière, du whisky et de la harpe… 2 mois incroyables ont passé et ne font qu’inaugurer la suite de nos aventures ! 

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